Une relecture du mythe d'Ulysse, figure d'un homme éternellement tiraillé entre la nostalgie du passé et l'élan de la découverte, entre la peur et l'émerveillement. Pour le héros de Piavoli, cet émerveillement se porte avant tout sur la Nature. Depuis des millénaires, les interprètes de L'Odyssée n'ont cessé d'en proposer des lectures diverses. La version de l'épopée homérique par Franco Piavoli, son premier long métrage de fiction, en transpose la poésie par les seuls moyens du cinéma. Les épisodes du film recomposent librement les éléments du poème ; ses personnages et ses événements évoquent le texte plus qu'ils ne l'adaptent directement, faisant ainsi affleurer la mémoire fragmentaire et désordonnée de son héros en errance. La langue du film, inventée à partir d'un mélange de grec et d'anciens dialectes méditerranéens, vient symboliser cette errance ancestrale.
Piavoli souhaitait ici créer un cinéma symphonique, exprimer ce récit intemporel à travers des expériences sensorielles saisissantes, la mer couleur de vin, la terreur face à la nature, l'effroi des traumatismes de la guerre et, plus que tout, la douleur tenace du mal du pays. Il restitue le mythe dans des termes profondément humains, sans rien ôter à sa dimension merveilleuse.
